Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 10:41

En 2009, j’ai cumulé dans la même année, la perte de maman et l’opération de mon genou, douleurs sentimentales et physiques profondes qui ont eu, comme certains aspects de notre vie, les compensations que nous offre le monde pour nous permettre de surnager à de telles souffrances. D’un côté l’héritage m’avait mise provisoirement un peu plus à l’aise financièrement et de l’autre l’arrêt de travail tenant à la rééducation m’avait offert beaucoup de temps libre, même si je ne pouvais  pas encore galoper comme une chèvre. J’ai profité de ces deux opportunités conjointes pour m’offrir des voyages. Distrayant mon esprit, ils m’ont permis de laisser le temps agir et atténuer ainsi ma peine.

C’est ainsi qu’en novembre, je me suis retrouvée à Marrakech.

P1010696.JPG

Premier voyage seule à l’étranger, qui plus est en avion, ce que je détestais et ce que postérieurement, je considère comme une de mes grandes victoires sur l’angoisse.

P1010663.JPG

Le séjour s’est très bien passé, alternant visites de monuments et jardins luxuriants avec longues siestes au bord d’une piscine glacée où un maître-nageur hilare s’efforçait de me faire plonger sans succès. Conversations banales avec des co-touristes non stressés, et promenades, esseulée dans une ville inconnue avec mon genou encore non tout à faire remis et qui m’obligeait à une certaine retenue de pas.

jardin de Majorelle

Ayant descendu une avenue puis remonté une autre qui formait un angle droit avec la première, je décidai pour économiser mes forces de rejoindre l’hôtel en empruntant une rue qui devait représenter géométriquement une hypoténuse.

P1010707.JPG

C’était une impasse !

Je rebroussais chemin et pris la rue suivante qui, elle, était barrée par des travaux. Je commençais à me fatiguer sérieusement lorsqu’un monsieur marocain me voyant dans le doute, me demanda en  français s’il pouvait m’aider. J’ai toujours du mal à engager la conversation avec des inconnus surtout en pays étranger, mais je n’avais pas vraiment le choix et je lui exposai la situation. Il me demanda le nom de l’hôtel et comme il le connaissait, s’offrit à me montrer le chemin. L’hôtel était, disait-il à quelques centaines de mètres à peine et je le suivis dans des ruelles, non sans je vous l’avoue de cruelles hésitations.

P1010684.JPG

Le long du trajet il me fit la conversation. Il parlait un français excellent et comme je lui en faisais le compliment, il m’expliqua qu’il avait vécu et travaillé longtemps en France comme plombier, du côté de Nice dont il gardait un souvenir ébloui. Comme nous arrivions à l’hôtel, et que suivant ce que je croyais être la coutume je voulus lui offrir une récompense, il refusa :

-«  Si j’avais  été perdu en France, je suis bien sûr que vous m’auriez aidé ainsi ! » me dit-il.

P1010719.JPG

 


      Bien à vous

Repost 0
23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 20:11

Et vous voici arrivés à la dernière partie de l'histoire. Je vous souhaite à tous une bonne lecture !




07122014-neige et préparatif noel 2014 011

 

Cousine Miquette intervint à point nommé.

-« Je me souviens moi d’un hiver, où il n’avait pas neigé ! Décembre était gris et froid et seul mon père faisait preuve de  l’entrain nécessaire à l’approche de la fête avec ses facéties. Il transformait la maison en un lieu vivant et gai, racontant des histoires toujours renouvelées, celle du petit garçon qui apprenait à compter, un nane, deux nanes… »

Eliette et Baptiste riaient en entendant raconter cette histoire que visiblement ils connaissaient par cœur et voyant les yeux d’Eliette briller, subitement je comprenais mieux l’oncle Emilien.

-« Et puis il avait une façon tout à lui de plier sa serviette en la roulant de telle manière qu’on aurait dit une petite souris, avec les oreilles qui remuaient et tout et tout, il la tenait sur son avant-bras et la caressait de l’autre main et la souris ne bougeait pas. Puis il nous demandait si nous voulions caresser la petite souris et nous savions comment ça allait finir, mais cela prenait toujours et l’un d’entre nous se laissait tenter et tendait une main hésitante, et quand il croyait qu’il allait toucher enfin la petite souris, hop elle sautait en hauteur propulsée par son autre main cachée dessous, attendez, je vais vous montrer"

Miquette attrapa le linge qui avait servi à recouvrir les beignets, épuisés depuis longtemps, et commença à montrer le pliage quand un tambourinement se fit entendre à la porte nous faisant sursauter, il se faisait vraiment tard, qui cela pouvait-il être perdu dans la neige à cette heure ? Sans attendre que ma mère ne se lève je bondis jusqu’à la porte qui venait de s’ouvrir avec fracas, dévoilant un grand homme couvert de neige blanche gelée sur ses sourcils et sur sa barbe. Mon père, mon père avait franchi montagnes et vallées, dans la nuit et la neige jusqu’aux hanches pour venir nous retrouver dans notre petite maison douillette où pourtant il nous savait en sécurité !

Lui sautant dessus mes frères vidèrent ses poches et trouvèrent sifflets et couteaux de poches en acier, tandis que je restais coi et simplement stupéfait de le voir là, à son habitude,  avalant une douzaine de pâtes de fruit d’un seul coup et serrant ma mère dans ses bras. Il  nous raconta qu’il avait failli se perdre dix fois dans la neige et la nuit mais qu’une chose étrange s’était passée, à chaque fois qu’il se croyait perdu un grand renard blanc et efflanqué se trouvait à dix mètres de lui comme s’il voulait lui montrer le chemin, il avait pris le parti de le suivre et il s’en était bien trouvé quand il avait enfin vu les fumées des cheminées du hameau et les lumières de la maison, il se trouvait juste à côté d’un vieux chêne centenaire à l’aplomb de nos maison. Là, le renard avait disparu brusquement.

Il me vit silencieux et immobile, toujours à côté de la porte que j’avais refermée et il sourit.

-« Quant à toi, dit-il, quant à toi, ah, hum, ton cadeau…

J’allais l’interrompre et lui dire que le plus beau cadeau qu’il pouvait me faire c’était qu’il ait pu arriver jusqu’à nous quand il poursuivit :

-« Ton cadeau, si tu regardes par la fenêtre… »

Je ne fis qu’un saut  jusqu’à la vitre : un grand, un immense sapin de deux mètres de haut trônait, bien trop grand pour rentrer dans la maison mais majestueusement planté dans la cour, et des myriades de flocons blancs tombaient en tourbillonnant et venaient se poser sur ses branches tandis que la main de mon père se posait à mon épaule.

-« Joyeux Noël mon fils » dit-il

 




Et voilà ! C'est fini ! J'espère que ce conte vous a plu et je vous souhaite à tous un joyeux Noël !
Repost 0
17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 00:00

Nous sommes déjà mercredi, vous voyez ce n'est pas si long, et voici la suite du conte de Noël dont vous trouverez la première partie ici

 


 



07122014-neige et préparatif noel 2014 011

-« Oh, si tu crois que nous nous occupions de ça à l’époque, nous avions attrapé la bête qui nous faisait du tort et ce fut la fin de nos ennuis, la suite ne nous intéressait pas, mon petit. »

Nous étions tous atterrés par la fin de l’histoire et nous nous regardions au bord des larmes imaginant les renardeaux attendant leur mère dans le terrier sous la neige lorsque la vieux Claudion intervint :

-« Je sais moi ce qu’il en advint ! Il n’y en avait qu’un. Je n’étais pas bien vieux à l’époque et personne ne faisait attention à moi. Je me suis demandé aussi ce qu’allait devenir la portée, et j’ai réussi à remonter les traces de la mère jusqu’à un énorme chêne qui poussait juste au-dessus du village, la renarde avait creusé un terrier en-dessous l’arbre, le petit était déjà grand et bien nourri et il m’a fallu plusieurs jours pour qu’affamé par l’absence de sa mère il consente à sortir un peu le museau de son terrier pour venir voir ce que je lui apportais à manger en cachette.  Rognant sur ma part, piochant de ci de là quelques restes, je l’ai nourri ainsi jusqu’au printemps, il me guettait, me happait la nourriture des mains, mais jamais ne s’est vraiment apprivoisé, un jour, il n’était plus là, il avait dû entendre l’appel du printemps et était parti, cela m’arrangeait un peu car si quelqu’un s’était rendu compte que je nourrissais un nuisible, j’aurais passé un mauvais quart d’heure »

 Il riait doucement en nous racontant cela et nous imaginions tous le renard partant du village vers un avenir plus heureux, lorsqu’on entendit toquer à la porte, toquer tout doucement et presque timidement ce qui fait que personne n’eut peur et que ma mère stupéfaite alla ouvrir pour voir qui avait pu parvenir jusque-là par ce temps. Mademoiselle  se tenait dans la porte, livide et titubante dans ses dentelles. Elle expliqua qu’elle avait essayé à toute force de monter jusqu’au château  pour Noël, mais que le cheval avait dérapé, elle avait mis des heures à finir les quelques cents mètres à pied jusqu’à la lumière de notre maison, et elle était trempée. Ma mère la fit rentrer dans sa chambre, d’où la jeune demoiselle ressortit emmitouflée dans des vêtements chauds de ma mère trois fois trop grands pour elle, mais bien secs. Elle se tenait là, devant le feu à se réchauffer, et mon oncle la regardait avec ses grands yeux ayant l’air d’avoir déjà reçu son cadeau de Noël. Ma mère la fit asseoir  le plus près du feu possible pour la réchauffer et lui servit un bon bol de lait chaud et une assiette chargée de toutes les pâtisseries et gourmandises dont nous nous régalions depuis le début de la soirée.

Intimidés nous la regardions et le silence se faisait lourd. Ma mère le rompit avec son naturel habituel :

-« Nous en étions aux histoires, peut-être pourriez-vous nous en raconter une ? »

Un peu effrayée, la demoiselle regarda l’assistance et autour d’elle et ne vit que des enfants et quelques personnes douces et simples. Elle sourit et dit :

-« Laissez-moi réfléchir, un peu, je crois que je sais ce que je peux vous raconter, ce fût sans doute le plus beau Noël de ma vie ! »

Elle laissa fondre le gâteau de ma mère dans sa bouche et continua.

-« Je devais avoir six ou sept ans. Je tannais mon père cette année-là pour avoir une danseuse en cristal que j’avais vu dans la vitrine d’un magasin de la ville et mes parents qui me gâtaient beaucoup ne voulaient toutefois pas me dire à l’avance ce que serait mon cadeau de Noël. J’étais un peu intrépide déjà et une nuit, à tâtons dans le noir, j’allais ouvrir le placard du salon où, je le savais, étaient cachés les cadeaux. »

Elle racontait bien, avec une voix posée et nous étions pendus à son souffle imaginant cette petite demoiselle en longue chemise blanche dans le salon noir et désert de son château.

-« Je ne sais pas si je dois vous raconter cela, nous dit-elle en souriant, parce que ce fût une grosse bêtise ; mais des paquets étaient entreposés, là, bien entourés de papiers brillants et bien enrubannés, et j’entrepris de tous les ouvrir mais aucun ne contenait ma danseuse en cristal. Déçue j’allais tout refermer lorsque j’aperçu sur une étagère plus haute, un paquet que je n’avais pas vu jusque-là, je me dressai sur la pointe des pieds et l’attrapai mais le paquet m’échappa et tomba par terre, s’ouvrant au passage et déversant sur le parquet une danseuse en cristal en mille morceaux. J’éclatai en sanglot si fort que je réveillai toute la maisonnée, et tout le monde accourut, mon père en premier qui me voyant désespérée, me berça contre lui en me consolant et je finis par m’endormir à bout de larmes dans ses bras.»

Elle se tût un moment bouleversée à ce souvenir et nous étions aussi  tout près des larmes qu’elle lorsqu’elle reprit :

-« Lorsque je m’éveillai le matin, je n’en crus pas mes yeux, la danseuse était là sur ma table, étincelante, intacte, j’ai su bien plus tard que mon père avait passé la nuit à recoller minutieusement les morceaux un par un. »

La bouche bée nous écoutions la fin de cette histoire qui nous plaisait bien plus que l’autre.

--« Vous voyez, c’est un peu pour cela que je tenais tant à monter passer ce soir-là avec eux, ils doivent se sentir bien seul dans leur château sur la cime, là-haut. »

 

-« Ecoutez, pour l’instant dans la nuit avec cette neige ce n’est pas possible, mais dès demain, je vous promets nous essaierons de rejoindre le château par tous les moyens, dit mon oncle » Et je fronçais  les sourcils en me souvenant que pour moi, mon oncle n’avait pas voulu tenter l’aventure d’aller chercher un beau sapin sur la hauteur. Mais quand il s’agissait de jolie demoiselle…




Plus qu'une petite semaine de patience et vous saurez la fin, Noël approche ! A mercredi prochain.
Repost 0
10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 01:00

***Conte de Noël ***

 

Joies et merveilles, cette année-là, il avait neigé abondamment pendant la nuit du 21 au 22 décembre. Une nuit la montagne était devenue silencieuse, et les bois pourtant proches rendus inaccessibles par d’énormes amas d’une neige serrée qui isola complètement notre hameau du monde extérieur. Fous de joie au matin, nous galopions dans la poudre blanche, entre les maisons des voisins,  les doigts gelés. Nos cris aigus portaient, dans le silence imposant entre les murs de congères,  lorsqu’une boule adroitement lancée par l’un d’entre nous tombait dans notre cou.  Notre mère, les poings sur les hanches, se tenait plantée sur le plat, face à la vallée où dans le fond très loin, s’élevaient les fumerolles des cheminées du village. Effrayés par son mutisme et son air fermé, nous étions venus nous regrouper autour d’elle, lorsqu’elle nous dit : «  Il fait très froid, les enfants, la neige risque de  tenir, j’ai bien peur que votre père ne puisse pas rentrer pour Noël »

Ce fut un rude coup pour nous. Notre père travaillait de l’autre côté de la montagne et rentrait régulièrement, nous rapportant toujours dans sa hotte de quoi embellir nos vies et nous faire rêver. Nous n’étions pas malheureux loin de là, notre mère travaillait du matin au soir à la ferme, nos placards étaient bien remplis et son frère notre oncle Emilien, venait souvent lui prêter la main pour les travaux dont elle ne serait pas venue à bout toute seule. Mais l’arrivée de notre père était une porte ouverte sur le reste du monde dont nous n’avions alors qu’une vue réduite, et les histoires qu’il racontait des choses qu’il avait vues faisaient flamboyer nos imaginations.

Et en effet la neige tint ! Et même tomba encore, et encore ! Trois jours durant. Les crêtes environnantes étaient immaculées, drapées dans des brumes épaisses et bleues. Et des murs de neige entouraient nos maisons dont les cheminées fumaient dans l’air glacé. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, nous aidions autant que nous pouvions notre mère à déblayer les portes de la maison pendant que des halos de vapeur se dégageaient de nos bouches. Pour préparer ces fêtes qui auguraient bien mal, il avait été décidé que les quelques voisins du hameau passeraient la soirée chez nous, la descente jusqu’au village semblant impossible. Nous ferions une veillée à l’ancienne, chacun apportant de quoi manger, éclairés et chauffés par le feu de bois. L’oncle Emilien faisait le charroi entre la grange et la maison avec d’énormes bûches. Je l’observait d’un air inquiet et il savait bien ce que je désirais, mais il regardait les crêtes blanches et haussait les épaules en me faisant non de la tête. Les bois étaient trop enneigés, pas question de s’aventurer à la recherche d’un grand sapin et de le traîner jusqu’ici pour le dresser dans la salle et sentir enfin la bonne odeur envahir la maison.  Mais j’étais l’ainé, pas question de me plaindre et de pleurnicher, je montrai l’exemple à mes frères et tirai avec entrain les bûches avec mon oncle.

Le soir de Noël, comme ma mère l’avait prédit notre père n’était pas là. En attendant les voisins, pour nous consoler ma mère avait fait une montagne de petit beignets sucrés et les avait recouverts d’un grand linge blanc dont nous soulevions subrepticement un coin pour tremper notre doigt dans le sucre et nous le léchions avec délice pendant qu’elle faisait mine de ne s’apercevoir de rien. La maison embaumait lorsque le vieux Claudion arriva le premier. Cet homme si brave et un peu étonné qui avait donné le même nom que lui à son âne, comme ça disait-il : « Lorsque je lui parle, les gens croit que je me parle à moi-même » Il faut dire qu’il lui parlait souvent au long de tous les chemins qu’il parcourait avec lui charriant de-ci et de-là, ce que chacun avait à transporter, qui du bois, qui du foin, qui des pommes, et se faisant payer en nature. Cette année-là, il avait transporté des noix, dont il apporta un plein panier.

La cousine Miquette arriva ensuite avec du pain d’épices et ses deux petits enfants,  le dernier Tistou avait l’art quand on le grondait de baisser la tête en faisant de grands yeux qui vous donnaient envie de rire et il en jouait souvent. Nous essayions souvent de le faire gronder mais ma mère nous entendant nous avait fait promettre d’être sages et sans doute effrayés par ce Noël  inhabituel, nous avons tenu parole. L’oncle Emilien était déjà sur place avec ses biceps comme des ceps, ses bons yeux bleus et son grand rire qui nous réconfortait par avance.  Il avait accompagné la mère Buras en la tenant bien par le bras pour ne pas qu’elle risque d’aller se casser quelque chose. Cela ne lui disait trop rien de sortir le soir à son âge, mais je crois bien que ça lui aurait encore moins dit d’aller se coucher seule dans son lit froid un soir comme celui-là. Elle apportait une provision de pâtes de fruits et nous salivions par avance des agapes qui allaient suivre.

Lorsque tout le monde fut assis, nous étions donc dix, cinq enfants et cinq adultes en demi-cercle  dans la grande salle repeinte de l’année, autour du foyer qui nous chauffait et nous éclairait de lueurs dansantes dans l’ombre silencieuse de la nuit.

La cousine Miquette tenait ses deux petits contre elle, et je regardais Elinette sucer son pouce du haut de mes sept ans, pendant que sa mère la berçait doucement.

Nous aimions beaucoup la cousine Miquette qui avait une voix si douce, faisait un excellent pain d’épice et nous chantait souvent des chansons mais ce fut la mère Buras qui commença à notre grand étonnement car nous ne l’avions jamais connue très bavarde.

-« J’ai déjà connu un Noël comme celui-là, nous dit-elle, il avait neigé, neigé tant et plus et déjà l’année n’avait pas été bien bonne » Elle parlait lentement, en hochant la tête. « Une bête s’était mise à roder et personne n’arrivait à l’attraper, elle se faufilait dans les caves et les greniers et nous mangeait tout ce qu’elle trouvait à se mettre sous la dent. Certains s’étaient mis à l’affût pendant la nuit, mais pas un ne l’avait vu. Et pourtant au matin, une des poules manquait » Elle souleva ses vieilles mains noueuses ! « Personne n’avait jamais vu ça, une bête qui venait nous souffler les volailles à notre barbe et à notre nez. Bientôt des rumeurs s’étaient mises à circuler. La bête du Gévaudan était de retour, ou un loup, quelqu’un avait vu l’empreinte de ses pattes... » 

-« Nous avions peur pour les enfants » dit-elle, en souriant dans notre direction.

« Puis un jour,  l’ancien avait dit que ce devait être une renarde qui avait mis bas hors saison, et qui forcée par la faim, venait piller nos garde-manger. Un piégeur fabriqua un piège à renard et en effet à la fin de la semaine, une renarde blanche, maigre et efflanquée à faire peur se tenait dans la cage, nous guettant de ses yeux d’or inquiets, et faisant des allers-retours nerveux dans le peu de place qu’elle avait, pour essayer de s’échapper »

-« Que sont devenus les renardeaux ? » demanda mon frère...

-------------------------------------------------------------------------------------------------

Et voilà, c'est fini pour aujourd'hui, à mercredi prochain !

Repost 0
8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 14:36

07122014-neige et préparatif noel 2014 003

Et oui, l'hiver est là !  Noël s'approche à grand pas, le froid et la neige nous incitent à nous regrouper dans nos foyers. A décorer, à patisser. Cette année chez moi, cela sera pains d'épices, il y a des années comme ça ! Cela fait plusieurs essais que je fais, et les petits sujets glacés me ravissent particulièrement. J'utilise toujours la recette de Nadine dans  des  moules en silicones de formes variées que je recouvre de sucre glace, juste délayé avec une cuillèrée d'eau , je les décore ensuite de petits morceaux de fruits confits.

07122014-neige et préparatif noel 2014 002 

Et lorsque la maison est bien chaude et parfumée, décorée des branches ramenées au gré des promenades dans la neige, il est temps de se retrouver autour d'un bon  feu et de raconter des histoires aux enfants, du temps où...

C'est pourquoi pendant trois  semaines, je publierai chaque mercredi un épisode d'un conte de Noêl en feuilleton. qui se terminera donc le 24, vous pouvez le lire, l'imprimer, le faire passer. Et j'espère que tout le plaisir que j'ai pris à l'écrire vous le retrouverez à le raconter pour faire rêver petits et grands.

IL y sera bien sûr question de neige, d'attente, mais chut...

07122014-neige et préparatif noel 2014 006

A mercredi donc !

Repost 0
10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 13:55

Les maisons cévenoles sont bâties en hauteur et donc avec beaucoup d'étages.

L'avantage lorsque on y fait des travaux, c'est que cela fait les muscles des jambes, (surtout pour celle qui élimine les gravats, hum !)

L'inconvénient, c'est que cela fait faire aussi de fréquents aller-retour à la déchetterie.

D'où l'avantage d'avoir  un chéri-chéri leste qui peut escalader la benne, à l'intérieur de laquelle mon oeil, exercé par de longues fréquentations de vos blogs a repéré ceci :

blog-octobre-2014-fronton-013.JPG

Deux beaux frontons sculptés, nécessitant certes un bon nettoyage, mais on ne peut pas s'attendre non plus à trouver dans une benne les objets bien nettoyés, cirés, et peut-être déjà repeints ? Moi c'est comme cela que j'aime l'histoire, dans la création de ces scuptures, l'art et l'ingéniosité des artisans qui ont réalisé ces volutes.

Quelques détails ?

blog-octobre-2014-fronton-017.JPGblog octobre 2014 fronton 015

 

 

 

L'inconvénient, c'est que cela vient s'ajouter à la liste déjà bien longue des choses que je récupère en attente de...

L'avantage, c'est que je ne risque pas de m'ennuyer de quelques temps encore. Je ne comprends pas bien les personnes qui jettent ce genre de choses, l'histoire n'a-t-elle donc aucun sens pour elles ?


 



 

 

 

Je classe toujours des papiers, entre deux, pour me délasser les muscles des jambes ! Et suite à l'article du blog de elle  et de ses efforts pour intéresser les jeunes générations à l'histoire, à l'approche du 11 novembre,j'ai continué mes recherches généalogiques en sommeil depuis quelques temps. Mais les progrès de la numérisation sont constants et il est aisé maitenant de consulter les archives des départements directement en ligne.

J'avais ainsi le carnet militaire de mon grand-père

scan0001.jpg

A voir son état, la couverture usée et soigneusement recousue d'un tissu centenaire, et oui, 100 ans depuis 1914, je l'imagine, trimbalé au hasard des marches et contremarches, serré dans une poche, mouillé...et j'imagine aussi mon grand-père. Quelle vie ! A travers les sites d'archives du Nord, j'ai réussi à reconstituer son histoire. Adopté à 2 ans, dans la mine à 10 ans, ayant réussi malgré tout son certificat d'études, mobilisé à 21 ans dans le 16 ème bataillon de chasseurs à pieds, il fut fait prisonnier et parti en captivité au camp de Gardelegen. Mais les communications n'étaient pas ce qu'elles sont aujourd'hui. Personne ne savait où  il se trouvait et il fut porté disparu. Sa famille n'en eut pas de nouvelles pendant 4 ans. Sa famille qui habitait Douai fut, elle, déplacée en 1916 à Tulles ! Ceci expliquant peut-être cela.

evacuation-Douai-1916.jpg

Evacuation de Douai.1916.image prise sur le net.

 Lorsqu'il fut rapatrié après l'armistice du 11 novembre 1918 il fut comme beaucoup d'autres soldats traumatisés,  hospitalisé à Villejuif pour confusion mentale et désorientation.

Numeriser0042.jpg

Il faut ajouter que sa première femme était décédée pendant tous ces chambardements.

La suite fut plus rose.

Il recouvra la santé, rencontra ma grand-mère et se remaria en octobre 1924.

scan0002.jpg

Mariage d'où sont issus trois enfants et beaucoup de petits enfants et encore plus d'arrières...

Numeriser0056.jpg

Mais enfin, il ne parlait jamais de tout cela, et il ne fallait pas trop lui parler de guerre! 

Voilà, c'était ma petite contribution au souvenir. J'aurais espéré que les hommes comprennent, une bonne fois  pour toute, le malheur et la douleur engendrés par les guerres, même si rien n'est jamais joué dans le destin de chacun.

J'ajoute à l'intention des membres de ma famille qui me lisent que rien n'est inventé, je sais qu'on ne parle jamais de ces choses en famille, mais je tiens à leur disposition tous les documents que j'ai trouvé que ce soit dans les archives familiales, ou sur les sites des archives départementales.

Bien à vous.

 

Repost 0
13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 09:57

Le temps pluvieux nous confine à l'intérieur de nos maisons. Les travaux à l'arrêt pour cause d'intempéries nous laissent démotivés et errants. Chéri-chéri se plonge dans ses livres, un Gracq posthume est sorti, il en fait sa délectation et maints auteurs actuels ne sortent pas grandis de la confrontation.

J'en profite pour farfouiller et classer de vieux papiers ! 

scan image ancienne0001scan image ancienne0002

Je retrouve avec plaisir ces vieilles images publicitaires des années 60 insérées dans un cahier de recettes soigneusement calligraphié.

scan image ancienne0005

Chose émouvante je retrouve aussi le carnet que tenait ma mère de ses récoltes de champignons.

scan photo estrechure neige0008

Chère écriture, cette page a vingt ans ! D'autres sont plus récentes mais voir mon nom écrit de sa main m'émeut beaucoup. 

scan image ancienne0003

Allez un petit café pour nous remettre de nos émotions, et la route continue. Le temps se calme, le gardon redescend et j'ai suffisamment vieilli pour ne pas être allée le prendre en photo. (Bon d'accord, juste un petit tour pour aller voir où en était la crue).

La question reste :  Est-ce qu'il pleut plus qu'avant ?

Bien à vous.


Repost 0
2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 17:48

P1060282

Le temps est bizarre ! Couvert et à la pluie toute la fin de semaine dernière, il est depuis avant-hier rayonnant comme un printemps. Il faut dire que ça m'a arrangée  comme je partais en loooong week-end jusqu'à aujourd'hui donc. J'ai pu profiter d'un ciel bleu lavé de frais. 

P1060273P1060283

D'une herbe verdoyante

et de la lumière extraordinaire de la Provence tout le long de ces trois jours.

P1060276P1060280

J'en ai profité pour faire des essais de cueillette et de photos

P1060249P1060259

Et de cuisine colorée pour Chéri-chéri qui comme vous le savez toute adore...les pâtes.

P1060272P1060271.JPG

Et puis comme il me restait du temps, je suis partie en balade digestive !

Tout le long du chemin en arrivant au mas, un grand pré borde le chemin où paissent quatre vaches, l'air paisible qui ne lèvent même pas le mufle en voyant arriver les voitures. Vous avez sans doute remarqué que pour faire stopper une voiture déterminée à aller d'un point A à un point B, il faut, disons une détermination égale à

D= cri de monesille + stop - inertie de chéri-chéri ! Je n'arrivais donc jamais à prendre ces vaches en photo. Cette fin d'après-midi oisive se prêtait donc magnifiquement à retourner à pieds, photographier ces quatre braves bêtes.

A l'ombre fraîche d'une haie mêlée de frênes et de chênes, pâturaient nos quatre excellentes ruminantes. Qui ont tout de même à mon approche levé la tête d'un air surpris. Quelqu'un à pied ? J'étais séparée d'elles par une barrière en fil de fer  barbelés, doublée d'un fossé assez profond me semblait-il  pour les tenir à distance. Là, je m'aperçois que j'ai oublié de vous dire quelque chose : j'ai peur des vaches ! J'ai gardé le souvenir d'un visage de petite fille qui avait trébuché devant son troupeau et qui avait conservé, marqué l'empreinte du sabot dans le visage. Je devais avoir six ou sept ans, cela m'a profondément marquée. J'aime les vaches...de loin.

Celles-ci surprises de voir quelqu'un sans carapace métallique se sont obligeamment rapprochées pour la photo.

P1060285P1060284

N'étant pas très rassurée, j'ai continué un peu le long du chemin pour emporter aussi le souvenir photographique d'un brave cheval qui broutait par là.

P1060289

Ah, lui, pas moyen de lui faire lever la tête malgré toutes les promesses de sucres (que je n'avais pas dans mes poches) que j'ai pu lui faire.

J'ai donc rebroussé chemin, pour regagner le mas. Ah, oui ? Les quatres vaches, m'attendaient. Elles avaient franchi le fossé et s'étaient massées à l'angle de la cloture qui m'a paru soudain bien mince. C'était la fin d'après-midi. Je n'avais pas mon portable et de toute façon, je me voyais  mal téléphoner -"euh, allo, mon chéri-chéri, tu peux venir me chercher des vaches me regardent de près !" J'ai donc continué le plus tranquillement possible mon chemin, elles m'ont suivie de leur gros sabots sonnant sur les cailloux bordant le fossé jusqu'à l'autre angle du pré. J'avoue de plus avoir pris de photos.

Je vous vois rire ! Vous pouvez !

Et vous savez les vaches...je ne suis pas spécialiste mais en regardant mieux sur la photo...je crois que c'était des taureaux !

P1060281


Repost 0
6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 20:33

P1050110

Il n'est guère besoin d'avoir la télé ces jours-ci pour être au courant de la météo. Il suffit de sortir le bout de son nez par la porte ! Goutte gelée ? Température négative ! Aussi je n'ai guère envie de m'aventurer sur les puces le dimanche ! Je préfère rester au coin du feu à regarder de vieilles photos et ressasser de vieilles histoires. Evidemment ces époques de grand froid et la vision du gardon pris en largeur par l'embâcle ramènent à ma mémoire les récits de ma mère. Elle était très frileuse et avait beaucoup souffert du froid pendant sa jeunesse et nous contait facilement ses souvenirs d'une époque qui sans être miséreuse ne roulait par sur l'or et où les enfants étant moins surveillés gardaient un esprit audacieux et entreprenant.

Numériser0039

J'ai écrit au fur et à mesure les récits qu'elle faisait, je lui en avais fait lire certains. Elle avait bien ri, me disant que j'avais mélangé beaucoup de choses et que cela en devenait du roman. La transcription que vous allez lire est donc romancée mais fidèle dans les détails aux souvenirs que j'ai notés. Où commence la fiction, où s'arrête la réalité ?

     

-J'ai eu douze ans le jour de la déclaration de guerre ! Vous parlez d’un anniversaire ! Obéissant à son instinct, et se rappelant sans doute la guerre de 14, Alphonse, mon père, nous avaient rapidement mis à l’abri hors de Paris. Grand-mémère, notre grand-mère avait gardé des liens dans sa région natale, Mesquer en Loire inférieure, près de Guérande et la famille avait trouvé une petite maison à louer, attenante à une plus grande, à Saint Brévin, juste en face de St Nazaire sur l’estuaire de la Loire.

Ce qui fait que le soir, nous admirions les feux d'artifices des bombardements sur les chantiers navals, juste devant nous, St Nazaire ayant été la ville la plus bombardée de France.

Les premiers temps se passèrent bien et  bien que notre vie fût quelque peu spartiate, j’ai gardé surtout de cette époque des souvenirs de galopinades entre mon frère, Raymond  et ma cousine, Ginette.

Puis  la grand-mère ayant attrapé un érésipèle dut être hospitalisé. Nous, les trois enfants fûmes recueillis quelques jours par la voisine, la propriétaire de la grande maison et pour quelques nuits abrités sous d’immenses édredon de plumes.

(Ma mère racontant ces édredons, faisait un geste des mains émerveillé, dessinant une énorme forme rebondie. Ces édredons étaient sans aucun doute son meilleur souvenir de cette époque !)

-Quand Grand-mémère sortie de l’hôpital, elle était bien fatiguée, elle avait alors 67 ans, et en digne Bretonne, elle boitait bas. Elle nous racontait des histoires de sa propre enfance dans les marais salants. Elle était la dernière, venue sur le tard son père ayant 49 ans à sa naissance et sa mère 42. Ses parents, pour ne pas la laisser seule à la maison et lui éviter ainsi le sort des enfants des voisins, dont la maison au toit de chaume avait brulé comme une torche avec tout ce qu’elle abritait, l’emmenaient avec eux aux marais, à deux ans.  Le matin à cinq ou six heures elle n’était pas bien réveillée, il lui arrivait de trébucher et de tomber assise dans l’eau salée. Pas d’autre moyen que de suivre ses parents comme ca toute la journée, le soir la culotte était sèche mais passablement cartonnée !

Notre mère vint nous rejoindre pour seconder sa mère à la sortie d’hôpital, avec la dernière née notre petite soeur, Jeanine, née en 38 et qui était encore au sein.

Une fois notre père, pépère vint nous voir en vélo depuis Paris. Toute cette route, en vélo. En arrivant il s’assit sur le petit banc devant la maison. Et se mit à pleurer.

-« Ce fut la première fois que je vis pleurer mon père, nous disait-elle »,  et les larmes lui montaient aux yeux de ce souvenir venu de si profond.

Puis à la débâcle, il revint nous chercher avec le gazogène de la pharmacie où il faisait les livraisons. Et nous rapatria sur Fontenay-sous-bois. Les allemands étaient là et la faim aussi. Et mon frère Raymond entama des courses folles autour de Paris en vélo pour nous ravitailler, courses dont il ramenait parfois seulement une poignée de haricots.

-Un jour un ami nous donna l'autorisation d'aller prendre du bois. Cet hivers-là était terrible (probablement l'hivers 1940) et la neige abondante. Et nous sommes partis tous avec un charreton faire la provision de bois, laissant la petite Jeanine à la garde de grand-mémère à la maison. Le charreton chargé, il fallut revenir en le tirant. La pente de Fontenay était très raide et dans la neige épaisse j’ai achevé ce qui me servait de chaussures : des espadrilles.

-En arrivant à la maison,  nous avons trouvé Grand-mémère assise sur une chaise envellopée avec la petite Jeanine contre elle dans une couverture. faute de combustible, le feu s'était éteint dans le fourneau et c’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour lui tenir un peu chaud !

 

Voilà, ce qui revient à ma mémoire en entendant le vent hurler contre mes volets bien clos. Je me serre contre la cheminée, je rajoute une bûche et je pense à ceux qui n'ont pas de feu.

Et pourtant nous ne sommes pas en guerre !

P1050125.JPG

 

 

 

 

Repost 0
5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 04:09

  L'arbre à jouets

 

 

P1030958

 -En ce temps-là, disait mère-grand, or mère-grand je suis, et même du siècle dernier, c’est peu dire ! Au sens littéral du terme ! C'est donc moi qui vous parle même si je ne suis pas centenaire.

En ce temps-là, donc, temps heureux de mon enfance, point de Game-boys (pourquoi boy ? pas si bêtes les filles ?) point de I-pod, I-phone, I comme je, je, je je parle sans jamais rien écouter de ce que les autres peuvent avoir à dire, ni regarder autour de soi. Toutes ces choses promptes à vous occuper un neurone ou deux, pendant que les autres (si, si, il y en a !) batifolent dans l’inactivité et la graisse, ce que ça donnera dans vingt ans ? Ma grand-mère disait la même chose, ce qui prouve que les grands-mères évoluent aussi au moins aussi vite que la technique !

Surtout choses à vous rendre dépendant d’objets fournis par d’autres et payants.

En ce temps-là, disais-je, indépendants, nous avions pourtant autour de nous quantités d’objets pour stimuler notre créativité et notre goût du jeu, et le leitmotiv était : « Reste donc tranquille un moment » plutôt que : « Va donc faire un peu de sport ! »

Nous allions de temps à autre, passer le dimanche chez ma grand-mère à Vals-les-bains en Ardèche. Elle y occupait un minuscule appartement que nous envahissions à nous sept. Comprenez qu’il n’était pas question de faire du chahut ! D’immenses marronniers (d’inde)  laissaient tomber en rafales leurs marrons luisants dans les allées ratissées du grand parc où nous allions dégourdir nos jambes en attendant l’heure des jeux d’eaux sur le lac, qui étaient alors une attraction. Tout cela sans salir nos chaussures qui ne passaient pas à la machine à laver, et sans donner de grands coups de pied dans les feuilles amassées en tas, attendant d’être brulées par le jardinier. (Quand il nous voyait …!)

Nous amassions des marrons dans nos poches. Mon père en gardait un ou deux, tout l’hiver, cela garantissant parait-il contre les hémorroïdes, au grand dam de ma mère qui disait que ça usait la doublure et perçait les poches.

De retour sur la table de la salle à manger nous faisions de petits animaux.

-4 allumettes pour les pattes (brûlées les allumettes, on ne gaspille pas !)

-1 gros marron pour le corps

-1 demi-allumette pour le cou

-1 petit marron pour la tête

Plus quelques petits bouts d’allumettes figurants les oreilles, la queue, les cornes…

 

Mon père faisait des pré-trous avec un couteau pointu pour éviter que nous nous transpercions une main. Et nous nous amusions ainsi, recréant des familles, des éléments plus ou moins bagarreurs, essayant des nouvelles combinaisons utilisant la forme des marrons qui ne sont pas tous identiques, culbutant parfois en fonction des équilibres marron par-dessus allumettes ce qui nous faisait finir en larme lorsque notre jouet tout neuf se brisait.

Nous repartions le soir en auto, nos figurines dans nos mains, elles survivaient rarement au voyage. Mais nous nous endormions sans inquiétude et heureux : nos jouets poussaient sur les arbres.

 

 

 

Repost 0

Présentation

  • : monesille : le blog
  • monesille : le blog
  • : Le blog d'une écrivain(e) passionnée de poésie, de littérature,de nature et de voyage.
  • Contact

Mention spéciale

Elle fait briller tout ce qu'elle touche

Marie et les agapanthes

les pros du clip

zoomlarue.com

Les humeurs d'Asphodèle

leslecturesdasphodele

monesille itou

monesille

 

Recherche

Je préfère vous voir rire que pleurer !

Tout ce qui touche le monde me touche :