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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 13:55

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A propos de Stèle (Segalen)...

 

 

Si, ils ont eu raison de commencer par Stèles : sais-tu qu'il m'arrrive de les imaginer au bord des routes que je croise avec des mots que j'invente et que je trace : si tu savais combien disent que Monesille avec ses accents cévenols, peut ouvrir d'éclaircies et de valeurs fortes ; imagines-tu combien depuis maintenant j'en ai gravé des stèles qui disent qu'il ne faut pas désespérer et qu'un jour, des mots vous sautent à la figure comme un cri : Oh!

J'ai mangé en pensant à toi;  puis j'ai senti épars quelques livres toujours en pensant à toi.

Aussi je me suis dit que j'étais vieux, thème récurrent et qu'il conviendrait que je réfléchisse aux conséquences de mes actes, vis-à-vis de cet âge-là; 

Puis j'ai reniflé les douces senteurs de Gracq en me remémorant les mots que je t'en avais dit. 
Puis je me suis demandé si encore tu pensais que je te mentais : alors j'ai repensé à Montaigne, et je me suis dit que si tu décidais de ne plus me voir jamais, cette tour qui me fait rêver, je me l'achèterais et que j'y mourrais car de toute manière je mourrais. Puis j'ai eu envie d'entendre ta voix; mieux, j'ai eu envie de toi. Et je me suis demandé si tu m'aimais vraiment tout en répondant : oui , mais que quand même nous étions de drôles d'oiseaux.

Alors, bien sûr, je me suis envolé pour me poser sur ton épaule en faisant : chutttt, à Zoé qui m'avait vu et que j'ai fait taire par quelques pâtés imprévus. je ne sais plus comment j'en suis arrivé à demander à Zoé si elle aimait mes écritures; en tout cas, je me disais qu'il conviendrait que pour toi je fasse un effort, que je puisse trouver des mots qui correspondent à ton attente, avant que de me dire que si je posais, juste, ma main sur ta peau alors tu me comprendrais comme cela se fait dans les livres, ceux qui nous rapprochent. Alors,j'ai cherché comment adapter Les Hauts de Hurlevent à notre époque en me disant que si Monesille frémit, c'est qu'une réussite est en cours , comme quand me vienne ces textes insoutenables de Faulkner avec ses cris impossibles          à supporter comme dans la vraie vie.

Puis j'ai bu un verre d'eau.

Voilà Monesille ma soirée en cours, au plus près , au plus fidèle, quand je suis en manque de tes mots et que partout cela s'affole  mais sans sens et avec beaucoup de dérision.

Voila ce que sont mes soirées sans toi Monesille.

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 16:30

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Comme la feuille au vent s’envole et se repose

Au hasard des courants j’ai fait planer ma prose

Quelquefois desséchée au soleil de l’adret

Certains ubacs glacés l’ont faite étinceler.

 

Les vents doux ont soufflé et les voiles mollissent

Dessous les calmes plats existent des abysses

Pour suivre du cyclone la spirale enragée

Il ne faut des grands fonds jamais décourager

 

Quelle inconstante voie que celle d’étincelles

Que l’on voit au grand mat s’envoler en chandelles

Quel rare est le diamant sur la vague venu

 

Comme la feuille au vent j’ai poursuivi la route

Plus grand est le talent et plus grand est le doute

Mais le chemin aidant, je dirai, j’ai vécu !

 

monesille

 

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 19:28

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J’ai toujours aimé les choses anciennes

Leur musique en moi avait la valeur

Des chaleurs tenues au creux de nos veines

Quand a disparu l’ombre du bonheur.

 

Un écho fendu à  longueur du temps

Venant répéter à mon sombre cœur

Cette heure n’est plus que le sentiment

D’un autre côté, de plus de valeur

 

Quelle étrangeté cette persistance

Dans ce là tendu dont on ne sait pas

S’il est bien raison. Est-ce de la chance

De sentir ce son que l’on n’entend pas.

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 11:03

 

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Dans le creux des vallons enserrés de rocailles

Quand se sont tus un jour les réponds des sonnailles

Quand les grands pans de murs en schistes éboulés

Dans un bruit de tonnerre ont fini de rouler.

 

Quand la mousse assourdit le son de nos esclops,

Sonnant aux vieux sentiers plus un bruit de galop

Quand les abeilles ont fui le creux des châtaigniers

Où les premiers soleils venaient les réveiller.

 

Quand l’écureuil curieux laissant tomber son gland

Fuit le bruit de géant qu’il fait en résonnant

sous l'oeil noir du corbeau résolument torpide

Somnolant au sommet d'un vieux murier humide.

 

Quand la rumeur des pins chantant au vent du nord

Se transforme en requiem sur un vallat qui dort

Couvrant d’un lamento les anciens bruits de fêtes

Noël brodés de houx, cliquetis des fourchettes.

 

Quand  l’écho des détails bruissant dans la maison,

Linge claquant au vent et enfants en chanson

S’éteint à tout jamais et laisse au silence

Une toupie rouillée en signe d’allégeance.

 

Alors s’ouvre parfois au détour d’un sentier

Une pâle clairière aux fonts morte à moitié

Poursuivant de leur vie le parcours amoindri

Dans le glou-glou amer de ma plume assombrie.

 

 

 

 

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 20:51

 

 

Tout au long du trottoir qui mène à l’école, s’élève  une palissade de bois.  Et par-dessus celle-ci s’élèvent de hautes branches entremêlées de fleurs bleues et rouges qui retombent en frondaisons et effleurent la tête de maman qui rouspète : 

-« Ca y est, je vais encore être décoiffée »

-« Qu’est ce c’est ces arbres » demande Zaza

-« Des arbres de terrain vague, arrête de rêver, et marche un peu,  tu vas être en retard »

Chaque matin les arbres la saluent par-dessus la palissade, et petit à petit, Zaza a réussi à savoir leur nom. Les fleurs rouges sont les sumacs de Virginie, les fleurs bleues sont des Buddleias. Chaque matin, Zaza tire la main de sa mère pour essayer de voir par les trous de la palissade autre chose du terrain vague que les branches qui la saluent mollement au moindre souffle de vent.

-« Zaza, accélère un peu tu vas être en retard »

 Zaza presse le pas et au bout de dix mètres, recommence à regarder de côté par les interstices entre les planches grises.

Les grappes de fleurs bleues lui paraissent si belles.  Elle a cherché dans le dictionnaire : « Buddleia : dit arbre à papillon, arbuste exotique en provenance de chine, aux fleurs très parfumées. »

Elle voit les fleurs se balancer :

-«  Tu crois qu’il y a des singes ? »

-« Des singes, en voilà une idée, pourquoi pas des tigres, mais ou vas-tu chercher tout ca ? »

Zaza réfléchit, des tigres si prés de la maison, elle ne préfèrerait pas.

-« Des tigres, non, mais peut-être des colibris ! »

-« Peut-être dit maman, accélère on va être en retard »

« En tout cas, surement pas des girafes, on verrait la tête dépasser par-dessus  la palissade. »

 Et tous les jours Zaza suit la palissade qui longe le terrain vague. Vague pourquoi vague ? Peut-être qu’il y a la mer ?

-« Tu crois qu’il y a des requins ?»

Maman sursaute et regarde Zaza d’un air inquiet :

-« Des requins, où ca ? »

-« Derrière la palissade parce qu’il y a des vagues »

« Arrêtes de raconter n’importe quoi et dépêche-toi un peu on va arriver en retard »

Le lendemain on entend des grondements derrière la palissade. Zaza est inquiète, maman a peut-être raison, des tigres, si prés de la maison. Elle se dépêche et pour une fois ne tire pas la main de sa mère en arrière. Les grondements continuent, jour après jour, et font disparaitre les branches qui se balançaient au-dessus de la palissade.

-« Dis maman, tu crois que les tigres mangent les buddleias ? »

-« Mais qu’est ce que tu raconte encore ? Les tigres mangent de la viande ! »

Zaza est encore plus inquiète et cours sur le trajet jusqu’à l’école.

-« Attend moi Zaza, tu vas trop vite, je ne peux pas te suivre »

En arrivant, elle discute avec la maitresse :

-« Je ne sais pas ce que vous avez fait à Zaza, mais maintenant elle court pour venir à l’école. »

-« En tout cas elle se passionne pour la vie des animaux, elle me pose sans arrêt des question sur les requins, les singes, les tigres »

Un jour il n’y a plus la palissade. Un immeuble neuf a poussé dans la jungle à la place des buddleias.

Zaza est soulagée et tire la main de sa mère :

-« Maman, un jour, on ira voir la jungle en vrai ? »

 

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 18:00

 

 

Lettre à ceux qui croient qu’écrire est  facile !

Vous prenez un papier, un stylo, les idées ne manquent pas, c’est relativement simple vous croyez l Que nenni ! Vous avez oublié quelques détails :

La voisine vient vous apporter des pommes quand, un dimanche de pluie, revêtue d'un pyjama troué aux alentours de midi, vous tournez en rond autour de la table dans la salle à manger dont le ménage n’est pas fait depuis la première dynastie des pharaons, les calendes grecques étant trop récentes, le résultat étant à peu prés aussi empoussiéré.

Cette déambulation  vous emmène normalement les idées à la tête, de la tête à la plume il n’y a qu’un pas, mais vous avez compté sans la voisine qui vous apporte ces fruits de son jardin, superbes, et vous propose insidieusement (elle a quatre vingt ans ): "mais, si tu es fatiguée, je peux t’aider", sous-entendu -pour avoir une maison dans un tel état tu dois être au bord de la dépression nerveuse-, elle ajoute au détour d’une phrase anodine : -pourtant tu as pu dormir ce matin -! Ce qui prouve deux choses c’est qu’elle surveille l’heure à laquelle vous ouvrez les volets d’une part, et d’autre part qu’elle n’est pas si sourde que ce qu’elle prétend au bruit infernal que fait un autre de vos voisins les jours où il ne pleut pas.

Aujourd’hui il pleut, il est exact que vous avez pu faire la grasse matinée étant donné que vous vous êtes couchés à Trois heures du matin pour écrire une page qui au demeurant n’est pas bonne. Et vous pensiez pouvoir profiter tranquillement du silence grandiosement amené par ce temps que d’autres jugent abominable.

Mais de l’opinion que l’on a de vous dans un village dépend grandement votre confort de vie : entre la râleuse qui se plaint parce que ses voisins ont l’outrecuidance de faire du ciment à six heures du matin tous les dimanches sous ses fenêtres depuis dix ans, alors que travaillant toute la semaine elle n’a que ce jour pour se reposer et donc écrire, (je n’exagère rien) et la stoïque qui depuis six ans fait semblant de ne rien entendre parce que de toute façon elle est levée à cette heure improbable et que le silence lui fait peur et qu’elle n’a rien de plus précis à faire, il n’y a qu’un pas vite franchi, celui de penser que celle qui  se lève tard est une fainéante et que ça lui fait du bien d’entendre des gens travailler autour d’elle ! Et tout le monde se passe le mot.

Car tout cela se passe évidemment sous le couvert de l’anonymat, vous ne dites pas à votre entourage que vous écrivez et seuls quelques autres adeptes de la même marotte chronophage savent. J’imagine les voisins de Victor Hugo marchant sur la pointe des pieds  « chuuuut le maître écrit : »

Vous, non ! Vous n’avez de publication que sur internet en temps qu’Onésime  Lepaludier, votre notoriété dépasse peut-être ces frontières mais n’a pas atteint le fond du département agricole où vous exercez à temps perdu (et silencieux) , la profession accessoire et non rémunérée de tentative d’auteur.

Il y a certains matins aussi, de pluie toujours, où vous arrivez à mettre gentiment la voisine assez vite dehors et à retrouver votre idée, toujours en tournant en rond autour de la table de la salle à manger qui est rectangulaire, bref, passons, vous vous asseyez à votre bureau pour... Et voilà qu’au détour d’une pile de papier sort une carte que vous reconnaissez instantanément, la carte de Noël de l’an dernier de votre meilleure amie, à qui vous ne savez plus si vous avez répondu, pas étonnant que vous n’ayez pas de nouvelles depuis… Noël dernier ! Bref combat entre votre conscience et votre feuille, la feuille gagne pour une fois, on n’est plus à un mois près, je lui écrirai pour Noël en lui disant « j’espère que tu as bien reçu mes vœux l’an dernier plusieurs de mes amis m’ont dit n’avoir rien reçu, je ne comprends pas »…. Parfaitement de mauvaise foi, mais à moins de vivre seul sur une île déserte le moyen de faire autrement ?

Ce second obstacle franchi, vous attrapez votre stylo pour peu que :

- Votre chien ait  appris à ouvrir le frigo seul pour se nourrir puisque personne ne s’en soucie (Si, si, il peut !  Le plus difficile c’est de lui apprendre : Non ! Pas le saumon ! Du moins, pas tout le saumon…, trop tard, vous mangerez une boite de cassoulet à midi !)

-Vos amours, si présents, si constants, si souffrants de cette déshérence  où votre esprit se réfugie quand une idée non aboutie s’impose à vos neurones surexcités, et ne voulant pas lâcher le morceau, réussit à mettre tout autre forme d’action en stand by, style bug de l’an 2000, tant que vous n’avez pas réussi à mettre cela par écrit, n’aient pas une brutale envie de vous enlacer.  

  [-votre esprit : et les oiseaux s’envolent au ciel qui caracole

- lui c’est bon comme ça ?

-vous : vouiiiii encoooooooore !

- votre esprit : non caracole ça ne colle pas ! batifole ? espagnole ? et trop molle ?

(Le lapsus n’est pas loin et la scène qui s’ensuit)]

-Les amis que vous aimeriez vous faire mais que vous n’osez pas inviter ne sachant pas s’ils apprécient la vie en communauté avec les araignées ne vous culpabilisent pas en vous demandant si vous les boudez.

-Vos enfant piaillant le bec ouvert, où ne piaillant plus si vous avez trop attendu.

-la famille, adepte du téléphone, qui vous appelle consciencieusement les jours où vous sachant solitaire (enfin essayant de le rester !),  culpabilise de s’occuper plus des restos du cœur que de vous (merci les restos du cœur !)

-Tous les livres que vous avez achetés, qui vous attendent, ces Goncourt, ces atlas, ces bras qui se tendent en sirènes palpitantes et auxquels vous devez journalièrement résister, arrimés au mat que représente  votre stylo sur votre radeau de papier. Tous ces sujets que vous ignorez et dont vous voudriez tout savoir….et dont vous avez besoin pour ne pas écrire de la guimauve rance et périmée de l’an dernier.

-Et bien sûr de l’état de votre muse qui ayant passé tout l’été à danser sur des airs de fêtes espagnoles, (farandoles ?) revient vous poser tout ça en vrac sur les bras au moment où vous ne vous y  attendez pas et vous dit : regarde ma récolte, j’ai bien travaillé à toi de te débrouiller maintenant !

Maintenant, mais maintenant quand ?

Donc, vous prenez un papier, un stylo, c’est relativement simple vous voyez !!

Sauf que je n’ai pas mis mes chaussettes pour vous écrire ceci, que mon feu est éteint et que je suis complètement gelée !

 

Monesille 21.11.2O1O

 

 

 

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