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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 21:54

Si je vous demande où et quand cette photo a été prise,

P1040395il y a de fortes chances pour que personne ne me donne la bonne réponse, soit à Paris le 31 Octobre ! Surtout en pleine grève d'Air France. Le week-end que nous y avons passé le temps a été exceptionnel !

 

Cela rendait la ville infiniment agréable entre deux visites de musées. Il faut que je vous confie une chose : j’adore les musées. Mon père avait traîné au Louvres ma mère et tous mes frères et sœur une infinité de fois. Ce qui leur faisait lever les bras au ciel en gémissant au seul mot de musée. Sans doute dans les musées d’alors, fallait-il marcher à pas lents et admirer dans la pénombre quantités de choses incompréhensibles. Je vous joins un extrait de lettrines 2 de Julien Gracq relatant son expérience des musées dans son enfance (vers 1921) qui corrobore assez mon impression même si je ne suis pas, et de loin, de la même époque.

-« Quand on me promenait l’après-midi, bambin de onze ans, lors de mes sorties du dimanche, mon grand-oncle m’emmenait quelquefois visiter le musée de peinture de Nantes : avec ses hautes salles, vides et endeuillées, tendues de vert sombres, ses verrières à la lumière pluvieuse, il était pour moi comme une annexe, une crypte sépulcrale et vaguement menaçante du lycée dont la largeur de la rue seule le séparait. Nous allions muets comme dans une église, le pas faisant craquer le parquet sonore ; sous l’éclairage de morgue, le volumineux et quadruple étagement jusqu’au plafond de chairs cadavériques tordues par la gesticulation baroque m’emplissait de malaise ; intimidé par la pénombre, le silence de cloître, et la faible odeur de moisi qui resta si longtemps liée pour moi à l’idée des arts plastiques[…] C’est ainsi que je connus la Tour, et connus aussi avec lui mon premier peintre […]docile aux hiérarchies consacrées, je passais, je n’osais m’attarder, ni demander une explication qui m’eut fait sans doute honte de ma naïveté, je n’étais pas loin de croire qu’une peinture aussi scandaleusement éclatante avait dû employer quelque procédé défendu par la règle, comme un sculpteur qui exposerait le moulage de son modèle, elle devait être disqualifiée ».

 

Mon père s'en était donc lassé et dernière née, j'ai échappé à cette malédiction. Même si j'ai toujours cette impression que les artistes ont un accès à quelque chose qui est interdit.


Les musées d’aujourd’hui ont évolué et sont clairs, vivants, et suffisamment didactiques pour que l’on en sorte enrichis de foultitudes de connaissances dans maints domaines.

La Pinacothèque de Paris était le premier inscrit à notre agenda. Il y était présenté une fabuleuse exposition sur l’influence étrusque à l’œuvre d’Alberto Giacometti. Je n’ai appris qu’en milieu d’exposition que les photos y étaient interdites. Une grand gaillard est venu assez peu aimablement demander à ma voisine d’effacer de son appareil, les photos qu’elle était en train de prendre, mon appareil étant dans ma poche à ce moment là, j’ai évité par la suite de le ressortir ce qui me permet de vous joindre ces quelques clichés.

P1040258P1040259 J’ai essayé dans la suite de la visite de prendre quelques croquis que je ne me hasarderai pas à vous proposer.

Mais  enfin l’exposition est magnifique et je vous la conseille jusqu’au 8 janvier.

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle éclaire de lumières cette civilisation du centre de l’Italie sous toutes ses époques (-900,-300) jusqu’à l’aboutissement de « l’ombre du soir ».

ombredusoir.jpg

 

Ce nom aurait été donné par Gabriele d’Annunzio à cette sculpture filiforme prête à s'envoler,aux traits si précis et si fins, ce qui autorise les initiateurs de cette exposition à créer cette filiation artistique intéressante avec l'oeuvre d'Alberto Giacometti même si cette relation est contestée par ailleurs.


Si les connaisseurs parlent beaucoup de l’homme qui marche, j’ai infiniment préféré le groupe de trois hommes qui se croisent sans jamais se rencontrer, ni par les gestes, ni surtout par le regard.GIACOMETTI.Groupe-de-trois-hommes-I1Figés par le moment, ils n’existent pas les uns pour les autres. Pourtant l’un sans les autres n’existe pas. Très représentatif du fonctionnement de notre société actuelle, me semble-t-il.

Je leur ai trouvé trois chaises qui les attendaient dans le jardin des tuileries. Peut-être pourront-ils y échanger un regard.

P1040377.JPG

Trois jours en automne, des musées et des hommes,à suivre...sous la jupe des grilles

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commentaires

Claude 18/11/2011 08:31


Que de beautés vues par vous qu'ici vous nous retranscrivez ! Et quand peinture et littérature se répondent, quand même, il se passe quelque chose dans le cerveau des êtres humains pour que de
telles significations imprègnent.
Merci Monesille.


monesille 21/11/2011 17:54



Merci à toi de ta visite, Quatre yeux pour une visite permettent de voir deux fois de choses.



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