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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 04:09

  L'arbre à jouets

 

 

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 -En ce temps-là, disait mère-grand, or mère-grand je suis, et même du siècle dernier, c’est peu dire ! Au sens littéral du terme ! C'est donc moi qui vous parle même si je ne suis pas centenaire.

En ce temps-là, donc, temps heureux de mon enfance, point de Game-boys (pourquoi boy ? pas si bêtes les filles ?) point de I-pod, I-phone, I comme je, je, je je parle sans jamais rien écouter de ce que les autres peuvent avoir à dire, ni regarder autour de soi. Toutes ces choses promptes à vous occuper un neurone ou deux, pendant que les autres (si, si, il y en a !) batifolent dans l’inactivité et la graisse, ce que ça donnera dans vingt ans ? Ma grand-mère disait la même chose, ce qui prouve que les grands-mères évoluent aussi au moins aussi vite que la technique !

Surtout choses à vous rendre dépendant d’objets fournis par d’autres et payants.

En ce temps-là, disais-je, indépendants, nous avions pourtant autour de nous quantités d’objets pour stimuler notre créativité et notre goût du jeu, et le leitmotiv était : « Reste donc tranquille un moment » plutôt que : « Va donc faire un peu de sport ! »

Nous allions de temps à autre, passer le dimanche chez ma grand-mère à Vals-les-bains en Ardèche. Elle y occupait un minuscule appartement que nous envahissions à nous sept. Comprenez qu’il n’était pas question de faire du chahut ! D’immenses marronniers (d’inde)  laissaient tomber en rafales leurs marrons luisants dans les allées ratissées du grand parc où nous allions dégourdir nos jambes en attendant l’heure des jeux d’eaux sur le lac, qui étaient alors une attraction. Tout cela sans salir nos chaussures qui ne passaient pas à la machine à laver, et sans donner de grands coups de pied dans les feuilles amassées en tas, attendant d’être brulées par le jardinier. (Quand il nous voyait …!)

Nous amassions des marrons dans nos poches. Mon père en gardait un ou deux, tout l’hiver, cela garantissant parait-il contre les hémorroïdes, au grand dam de ma mère qui disait que ça usait la doublure et perçait les poches.

De retour sur la table de la salle à manger nous faisions de petits animaux.

-4 allumettes pour les pattes (brûlées les allumettes, on ne gaspille pas !)

-1 gros marron pour le corps

-1 demi-allumette pour le cou

-1 petit marron pour la tête

Plus quelques petits bouts d’allumettes figurants les oreilles, la queue, les cornes…

 

Mon père faisait des pré-trous avec un couteau pointu pour éviter que nous nous transpercions une main. Et nous nous amusions ainsi, recréant des familles, des éléments plus ou moins bagarreurs, essayant des nouvelles combinaisons utilisant la forme des marrons qui ne sont pas tous identiques, culbutant parfois en fonction des équilibres marron par-dessus allumettes ce qui nous faisait finir en larme lorsque notre jouet tout neuf se brisait.

Nous repartions le soir en auto, nos figurines dans nos mains, elles survivaient rarement au voyage. Mais nous nous endormions sans inquiétude et heureux : nos jouets poussaient sur les arbres.

 

 

 

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commentaires

Chandy 07/10/2011 21:03


Un grand plaisir pour moi de te découvrir MONESILLE sur ce BLOG où tes souvenirs d'enfance me sont réminiscences.
Je voulais te dire que "j'aime" Je te sens tellement près de la nature, en osmose, tout comme je le suis un peu...et je suis très émue de te lire...
Je reviendrai, car j'aime beaucoup, c'est comme un livre ouvert, un peu au jour le jour et tellement vivant.

Bien à toi, bises

Chandy


monesille 10/10/2011 10:12



Chère Chandylane, un grand honneur que tu me fais,cette visite sur mon début de blog. Tu fais partie des plumes d'oasis que j'admire et mes jours tournent plus rond quand je te vois revenir nous
concocter un des poèmes dont tu as le secret. (il y a des absences...j'adore) Je vais aussi de temps en temps sur parfum de mots et d'aquarelle.


Merci infiniment de ta visite et de tes encouragements.



Claude 06/10/2011 08:46


C'est vrai qu'ils ne pourront jamais rien y faire : la nostalgie et, plus, les traces du passé sur nos vies en cours sont plus fortes que leur technologie.
Il suffit d'un rien venu de la nature, un oiseau, une aube
rosissante pour que nous ressentions combien tout cela est force et nous nourrit.
Alors les lumières fortes de vos mots s'insinuent en nous et provoquent des envies de vivre, tout simplement , mais dans la lumière, la belle lumière comme celle qui révèle vos châtaignes en
représentation.


monesille 06/10/2011 15:03



En voilà, un qui a besoin de petites révisions ! ^^


-: Une torche = une châtaigne, pas de torche = un marron, hérisson des villes !



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