Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 21:39

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Par monesille
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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 18:25

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Deux livres de livre

 

J'ai ajouté pour vous une rubrique à ma liste d'articles. Car ce blog au début voulait surtout parler de livres et lectures. Je vais essayer de vous faire partager les livres que je viens de lire et que j'ai aimés. Avec ces deux titres, je commence bien en phase avec l'époque puisqu'on approche de la fête des mères.

Il n’est pas facile d’écrire sur sa mère. Quand elle est vivante on n’en ressent guère le besoin et lorsqu’elle ne l’est plus, écrire revient à se dépouiller d’un souvenir qui n’appartient qu’à nous. Et à ouvrir les mains pour que tous partagent.

Mais que vont-ils partager en fait, si ce n’est des échanges figés par l’écriture. Juste un côté du miroir, rien de l’autre pour nous dire que nous avons tort, si nous avons tort ; Rien de réel alors que le souvenir le voudrait rester. Très peu d’auteurs arrivent à faire passer cette valeur de l’échange dans leurs mots. Ces  deux-là y arrivent, très différemment :

-Jacqueline de Romilly  avec « Jeanne », un  livre écrit en 1977 un an après la mort de sa mère, mais publié selon sa volonté uniquement après la mort de l’auteur en 2010.

-Jacques Chessex avec « Pardon mère », publié en 2008 aussi après le décès de sa mère.

On connait de Jacqueline de Romilly la vie à succès  professionnels, 1ere femme professeur au collège de France, élue à l’académie française, helléniste renommée toute dévouée à sa vie intellectuelle.

Elle fut secondée dans les moindres moments par sa mère idéalisée, toujours gaie, dynamique et battante dans des circonstances dramatiques. Une mère totalement en symbiose avec sa fille, la guerre lui ayant enlevé son mari sa fille ayant 16 mois, lui ayant par la force des choses tout sacrifié et lui ayant transmis ce besoin de réussir sauf évidemment sa vie affective. Et bien que Jacqueline de Romilly en retour ait entouré sa mère de tous ses instants et de tous ses moyens, elle dit clairement dans son livre pudique et retenu de n’avoir pas été assez à l’écoute, assez attentive, assez présente.

Dans son récit du parcours de sa mère ressort bien la forte personnalité de l’auteur universitaire, analysant, décortiquant, un côté quasiment scientifique qui laisse transparaître la vision étonnante qu’a une enfant de sa mère et la place qu’elle a tenu dans sa vie. Elle raconte une vie de femme au début du siècle dernier et au fur et à mesure veut nous expliquer et découvre tout ce qu’elle ne sait pas, tout ce que ça mère lui a tu, aussi par pudeur probablement. Toute une époque où une mère a inventé un chemin maériel aisé à suivre pour sa fille, pour lui faciliter l'accès à l'univers intellectuel.

 

Je vous livre un extrait ? :


«  A vrai dire ce seuil de l’après-guerre, ce seuil de 1920 me semble avoir ouvert pour tous un monde entièrement nouveau. A partir de 1920, on peut parler de modes passées, de styles périmés, mais on compare des choses comparables. Du chapeau cloche au béret, des tuniques vagues aux petits jerseys, ce ne sont jamais que des variations qui périodiquement nous ramènent au point de départ. Mais pour nous rendre les longues jupes et les manches ajustées d’avant 1914, et les grands chapeaux et les dentelles et les pendules et les vases, et les lustres ou les bottines, ou les soupières, les chapeaux melon et les cannes, les lorgnons et les ombrelles, il faudrait un changement de civilisation désormais impensable. Il faudrait des femmes ne travaillant pas, des déplacements rares, du loisir, des classes sociales plus distinctes… En 1920 commence la période aujourd’hui démodée d’un âge cependant moderne. Et c’est pour cela que l’appartement de Jeanne fut le contraire de qu’avait été l’appartement bourgeois de son père… »

Jacques Chessex est lui un auteur plus littéraire  et plus charnel. Lauréat du prix Goncourt pour son livre l’Ogre, il annonce clairement la couleur : « Pardon Mère ». Il se décrit comme le mauvais fils, le rebelle, l’ingrat, le méchant.

Orphelin de père lui aussi, mais dans des circonstances différentes : son père s’est suicidé, Il nie il se débat. Il annonce d’emblée : «  Je n’ai jamais désiré le sexe de ma mère ».  Mais nous dit quelques pages plus loin : « car dans ma plus longue mémoire vrai réservoir du passé à retrouver, c’est toujours toi que je rencontrais, mère, je le sais clairement aujourd’hui, dans les bras, dans les corps, dans les soupirs des almées ».

Son livre n’est pas un récit. Il parle de lui, de ce qu’il ressent, sa profonde culpabilité de n’avoir pas été là au bon moment,  de n’avoir pas changé son comportement envers elle. Rebelle, il ne veut pas céder à la tentation de l’amour de sa mère, trop entier, il ne pourrait plus s’en défaire. Amour trop ! Trop fort, trop dominant, trop dévorant. Il nous confie un livre brûlant, à fleur de sentiments.

 

Vous en voulez un bout ?


-« Mère affaiblie, âgée au corps rapetissé, amaigri aux yeux qui perdent la vue. Et l’émotion si vulnérable, aucun moyen de résister, dans l’instant à des airs, des pans entiers de sa vie qu’ils rapportent mélancoliquement, tout ce non-dit de la musique, de jamais explicite, de suggéré nerveusement, de cordes qui se mettent à tremble, de défenses qui sautent, de secrets, de regrets qui remontent à la surface et font le bruit du désastre là om  l’on attendait le répit. Oui, de désastre, comme une misérable défaite du cœur, de la mémoire, de la volonté. Et terriblement saisie par les sons qui auraient du la combler ; et de force plongée, ma mère alors dans un accès d’intense tristesse qui me laissait désarmé, sans moyen de l’aider, sans recours aucun contre une si obscure et évidente hantise. Donc à la fin de sa vie, ma mère redoutait la musique et la refusait.. . »

Deux livres très différents par des auteurs très différents, qui pourraient être des livres de deuil et qui n’en sont pas par la vibration aimante qui résonne tout au long de leurs phrases. Car l’amour ne finit pas avec la mort. Il vit différemment.

Deux livres aussi qui me font penser à la phrase de Balzac

-"La mère qui laisse voir toute sa tendresse à ses enfants crée en eux l'ingratitude. L'ingratitude vient peut-être de l'impossibilité que l'on a de s'acquitter."


           Bonne lecture à tous !

Par monesille - Publié dans : Deux livres de livre.
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 14:02

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Par monesille - Publié dans : Côté cigale (Poésie)
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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 18:39

Il devait pleuvoir ! Et y'en avait marre ! De cette pluie qui amoncelée depuis quatre mois dans les nuages, n’arrêtait plus de tomber depuis trois semaines. Nous avons donc cherché un musée pour nous en mettre plein les yeux, les pieds bien au sec.

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Verdoyante et pour cause, et sinueuse, entre des haies de platanes et des champs de blé en herbe, la route nous a menés à travers l’Uzège jusqu’à la petite ville tranquille de Saint Quentin la Poterie.

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Une ville de potiers comme son nom l’indique depuis le XIX siècle. Cependant l’art de la poterie y est beaucoup plus ancien. Datant du moyen-âge ou antérieurement selon les sources. 

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Les habitants portant d’ailleurs le surnom de « toupinié », du nom des toupins ou marmites en terres cuites qui sont la spécialité locale. Mais on y fabriquait aussi les fameux « pégauts », les brocs à eau provençaux, les pipes en terre des marchands forains, celles qui se brisent dans le son des flonflon et l'odeur de barbe à papa, ou les briques à pavement du château des papes, résonnant sous les voutes moussues au son des sabots de la mûle du pape sur des airs fifres et de tambourins.

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A Saint Quentin la vie semble paisible dans le dédale de petites ruelles colorées autour du musée. Car il y existe un musée.

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Un musée enthousiasmant, aux couleurs chaleureuses de terres naturelles,  dans une lumière d’inspiration provençale, qui perpétue le feu de la tradition.

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Un musée où nous seront expliquées les différentes phases de fabrication, du tournassage à la glaçure,

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et les utilisations des différentes poteries dont les formes sont restées figées depuis le néolithique.

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Formes nues ou à dessin d'engobe "plus grosses de sens que de formes rebondies*" que l’on retrouve à l’identique sur tous les pourtours de la méditerranée.

Cela fait rêver Chéri-chéri à Pompéï et "dans ces amphores toutes enluminées d'Hector et d'Hélène, il voit tout ce qu'Homère disait*".

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Richement pourvu de collections de récipients et d’ustensiles de tous formats et destinés aussi bien à la conservation qu’à la cuisson ou à l’éclairage, les salles nous mènent à l’exposition des poteries de Vallauris où l’on retrouve en particulier des exemplaires de poteries de Picasso, Jean Lurcat, Roger Capron, Jouve, Jules Agard, tourneur personnel de Picasso,  tant de noms célèbres parmi d’autres, de la grande époque de la poterie des années 50 "qui participent encore à nos vies*".

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Vous savez quoi ? A Saint Quentin la poterie, il faisait beau ! Dans les ruelles aux 35 potiers, les façades s’égayaient de teintes différentes,

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un chat quiet dormait sur les genoux d’une mémé rêveuse,P1050416

P1050465chaque fenêtre révélait un talent d’artiste et au détour d’une arche en pierre claire, P1050472

un air de musique nous faisait découvrir le prochain festival d’accordéon plein pot (du 10 au 23 mai 2012)

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Il doit faire bon danser dans les rues de Saint Quentin décidé à conjurer le temps "pour que dans deux mille ans le regard du futur oblique le présent".

Alors si vous n'avez pas de pot, si vous pensez que vous manquez de bol ou bien si votre cafetière est un peu fêlée, vous pouvez aller comme nous "activer la forge du feu des envies et de l'espérance" à Saint Quentin la poterie ! 

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*Toutes les phrases avec un astérisque sont extraite d'un texte magnifique de chéri-chéri...qui devrait faire un blog !

Par monesille - Publié dans : L'aventure commence en France (Voyages)
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 15:04

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Même si j’ai la chance d’avoir des amis anglicistes et si j’ai étudié moi-même la langue de Shakespeare quelques années, je n’ai pas l’occasion de pratiquer cette langue, et je me retrouve donc souvent confrontée à des problèmes de vocabulaires vis-à-vis des nouveaux mots tirés de l’anglais, employés parfois à tort et à travers, déformés, détournés, voire trahis, et qui me concoctent parfois des drôles de surprises de compréhension.

Ainsi en est-il du terme shabby, que je ne connaissais pas et donc traduisais approximativement (très) par romantique ! Puis un peu perplexe, j’ai tout de même empoigné mon Robert et Collins (et oui ! ) et j’ai donc découvert le vrai sens de ce mot : MITEUX !

Par quelle évolution de la langue ce mot a-t-il bien pu prendre ce sens, croisé si souvent dans les blogs de : Shabby chic ! Reconnaissez que cela tient de l’oxymore : Miteux-chic ! Serait-ce le digne successeur de l’antique Grunge des années 80 ? M’enfin, le terme shabby recouvrant souvent dans les faits des objets repeints puis usés artificiellement, voire poncés abusivement et pâtinés, il est probable qu’il y ait là une volonté d’imiter en l’accélérant, le lent et patient usage du temps au lieu de le laisser tranquillement faire son oeuvre.

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Pour moi qui bénéficie de vieux meubles (j’ai dit vieux, pas anciens ! vieux c'est-à-dire, vermoulus, grinçants, de guingois, poussiéreux dans les coins ! cirés parfois vernis, dépareillés !) reflétant le jour fuligineux des vallées cévenoles dans cet avril qui se veut ressembler à un novembre, convenez-en je suis miteuse ! Tout va bien, je suis à la mode !

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Voilà donc un bref bonjour que je vous envoie en ce dernier jour de mes vacances avant le grand chambardement. Pour d'autres zones je sais qu'il est le premier. Un conseil profitez-en bien, ça passe trèèèèèèès vite !

Par monesille - Publié dans : Couleur dimanche (Humeur)
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